1. Rappels mathématiques

Ce module rassemble les outils mathématiques sur lesquels s'appuie le reste du cours : un peu d'algèbre linéaire, le langage de l'espérance et de la covariance, la gaussienne multivariée, et les quatre quantités probabilistes (vraisemblance, a priori, a posteriori, évidence) que le module suivant transforme en une manière de raisonner. C'est une référence à consulter, pas un traitement complet.

1.1 Algèbre linéaire

Un vecteur de caractéristiques vit dans \(\mathbb{R}^n\) et un jeu de données empile de tels vecteurs dans une matrice. Le produit scalaire de deux vecteurs somme leurs produits terme à terme :

\[\boxed{ x^T y = \sum_{i=1}^{n} x_i\, y_i }\]

Une matrice \(A\) transforme un vecteur par le produit matrice-vecteur \(Ax\), la transposée \(A^T\) échange lignes et colonnes, et l'inverse \(A^{-1}\) (quand elle existe) annule \(A\), donc \(A^{-1}A = I\). La norme euclidienne mesure la longueur :

\[\boxed{ \lVert x \rVert_2 = \sqrt{x^T x} }\]

Une matrice carrée est symétrique si \(A = A^T\), et semi-définie positive si \(x^T A x \ge 0\) pour tout \(x\). Les matrices de covariance, qui apparaissent juste après, sont toujours symétriques et semi-définies positives.

1.2 Espérance et variance

L'espérance est la moyenne pondérée par les probabilités d'une variable aléatoire, une somme dans le cas discret et une intégrale dans le cas continu :

\[\boxed{ \mathbb{E}[X] = \sum_x x\, p(x) \qquad \mathbb{E}[X] = \int x\, p(x)\, dx }\]

L'espérance est linéaire, \(\mathbb{E}[aX + b] = a\,\mathbb{E}[X] + b\). La variance mesure la dispersion autour de la moyenne \(\mu = \mathbb{E}[X]\) :

\[\boxed{ \mathrm{Var}(X) = \mathbb{E}\!\left[(X - \mu)^2\right] = \mathbb{E}[X^2] - \mu^2 }\]

1.3 Covariance et matrice de covariance

La covariance mesure comment deux variables évoluent ensemble :

\[\boxed{ \mathrm{Cov}(X, Y) = \mathbb{E}\!\left[(X - \mu_X)(Y - \mu_Y)\right] }\]

Pour un vecteur aléatoire \(x \in \mathbb{R}^n\) de moyenne \(\mu\), la matrice de covariance rassemble toutes les covariances par paires :

\[\boxed{ \Sigma = \mathbb{E}\!\left[(x - \mu)(x - \mu)^T\right], \qquad \Sigma_{ij} = \mathrm{Cov}(x_i, x_j) }\]

Sa diagonale contient les variances de chaque caractéristique, elle est symétrique et semi-définie positive. Les termes hors diagonale enregistrent la corrélation entre caractéristiques.

1.4 La gaussienne multivariée

La gaussienne est le modèle par défaut pour un bruit continu et pour des nuages de points réguliers. En dimension \(n\) elle est paramétrée par un vecteur moyenne \(\mu\) et une matrice de covariance \(\Sigma\) :

\[\boxed{ p(x) = \frac{1}{(2\pi)^{n/2}\,|\Sigma|^{1/2}} \exp\!\left(-\tfrac{1}{2}(x - \mu)^T \Sigma^{-1}(x - \mu)\right) }\]

Ses courbes de niveau de densité constante sont des ellipsoïdes centrés en \(\mu\), et la covariance \(\Sigma\) fixe leur étalement et leur orientation.

La gaussienne multivariée pour trois formes de covariance

Une covariance sphérique donne des courbes circulaires, une covariance diagonale des ellipses alignées sur les axes, et les termes hors diagonale les inclinent, encodant la corrélation entre les caractéristiques.

Remarque : la forme quadratique \((x - \mu)^T \Sigma^{-1}(x - \mu)\) est le carré de la distance de Mahalanobis, la distance naturelle une fois que les données ont une structure de covariance.

1.5 Vraisemblance, a priori, a posteriori et évidence

Presque tous les modèles de ce cours raisonnent sur des paramètres \(\theta\) étant donné des données \(D\). Quatre quantités reviennent, reliées entre elles par la règle de Bayes :

\[\boxed{ p(\theta \mid D) = \frac{p(D \mid \theta)\, p(\theta)}{p(D)} }\]
  • La vraisemblance \(p(D \mid \theta)\) est la probabilité des données pour un \(\theta\) donné.
  • L'a priori \(p(\theta)\) est ce que l'on croyait sur \(\theta\) avant de voir les données.
  • L'a posteriori \(p(\theta \mid D)\) est la croyance mise à jour après les avoir vues.
  • L'évidence \(p(D) = \int p(D \mid \theta)\, p(\theta)\, d\theta\) normalise l'a posteriori pour qu'il intègre à un.

La règle de Bayes combine a priori et vraisemblance en un a posteriori

L'a posteriori est proportionnel à la vraisemblance fois l'a priori, divisé par l'évidence qui en fait une vraie distribution.

Remarque : l'évidence est une constante par rapport à \(\theta\), donc pour de nombreuses tâches on peut l'ignorer et seul le numérateur \(p(D \mid \theta)\, p(\theta)\) compte.

Ces outils sous-tendent le cours Machine Learning, où les probabilités, les fonctions de perte et les modèles s'appuient sur eux.


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